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Les Tramways de la Sarthe - Gare de Saint-Denis d’Orques

La création des Tramways de la Sarthe est due à la rencontre entre un maître de forges, qui souhaite obtenir une desserte ferroviaire de ses usines, avec des constructeurs de matériel ferroviaire et des capitalistes.

Cette association va se traduire par la création de plusieurs réseaux départementaux en France, dont celui de la Sarthe qui atteindra 430 km. La formation de ce réseau s’est effectué en étapes successives. 

Saint-Denis d’Orques – Gare

Le 18 avril 1878, le Conseil Général présente un appel à candidatures pour la concession d’une ligne d’Antoigné à Ballon avec desserte de la fonderie Chappée et une ligne devant relier Le Grand Lucé au Mans.

C’est M. Falies qui fut retenu par la convention du 28 décembre 1878 sous le régime de la Loi Migneret de 1865. L’Etat subventionne le tiers des dépenses. Le département livre les terrains et reçoit un quart des recettes.
Le concessionnaire prend à sa charge la superstructure, le matériel fixe et roulant ainsi que l’outillage nécessaire à la maintenance. 

Saint-Denis d’Orques, Gare des Tramways.

Après des hésitations sur la largeur de la voie à adopter 0,75 m ou 1 m, la déclaration d’utilité publique est présentée le 27 avril 1879 et le décret paraît le 6 mars 1880 (le choix de la largeur de voie sera d’1 m). Les travaux des deux premières lignes commencent la même année.

Suite à la réussite des premières lignes, le Conseil Général décide la construction, sous la loi Freycinet de 1880, du prolongement du Grand-Lucé à La Chartre (17,7 km), ainsi que la construction de la nouvelle ligne Le Mans - Loué - St Denis d’Orques (45,7 km).

Carte de la ligne entre Le Mans et Saint-Denis d’Orques

Le 11 août suivant, la société anonyme se subtitue au concessionnaire primitif et prend la dénomination de « Compagnie des Tramways de la Sarthe ».
La ligne Le Mans - St Denis d’Orques est la première ligne concédée à la nouvelle compagnie et sera ouverte à l’exploitation le 17 septembre 1888.
Le raccordement de la gare de St Denis d’Orques avec la gare de St Jean-sur-Erve (département de Mayenne) aura lieu le 10 septembre 1907.
Les faibles résultats de l’exploitation conduisent à suspendre le service sur différentes lignes.
La section interdépartementale reliant la gare de St Denis d’Orques à St Jean-sur-Erve sera fermée définitivement le 1er janvier 1934.
La section Loué - St Denis d’Orques est fermée à tout trafic le 1er janvier 1935.

Saint-Denis d’Orques – Gare

Compte tenu de l’état de guerre, le service reprend sur certaines lignes, mêmes déclassées, mais non déposées. Le trafic «voyageurs» a été fermé, entre St Denis d’Orques et Le Mans, de début 1937 à mi-septembre 1940.

Entre ces deux dates, seuls des trains de marchandises auraient circulés, mais avec récupérations de rails et appareils de voies de croisement dans certaines gares, comme par exemple à Degré-La Quinte.

Dès le 15 septembre 1940, le Préfet de la Sarthe signe un arrêté de remise en service des lignes pour permettre la reprise de circulation.

L’année la plus mouvementée du réseau fut assurément 1944, où les sabotages et bombardements se poursuivirent jusqu’à la Libération. 

En 1945, la demande de transport s’amplifie, la mise en service d’autorails en avril améliore fortement la desserte des voyageurs.

Début juin 1946, les premières estimations présentées au Ministère sont rejetées avec une annonce d’un déficit de l’ordre de 18 millions de francs.

Partant de cette situation, le Ministère demande la suppression du réseau et le remplacement des Tramways de la Sarthe par un service d’autocars, la STAO, qui offre d’assurer l’exploitation sans contrepartie.

On peut résumer l’activité de la gare de St Denis d’Orques ainsi :
DUP : 20 août 1885
Ouverture : 6 septembre 1888
Suspension : 1er juillet au 13 octobre 1921,
14 juillet au 15 septembre 1940,
6 août au 24 octobre 1944,
Fermeture : 1er janvier 1947.

La construction des réseaux des Tramways de la Sarthe a été réalisée dans la recherche de l’économie. Elle obéit à la règle des 3 x 15 : rails de 15 Kg/m, locomotives de 15 T., vitesse commerciale de 15 Km/h. Les lignes empruntent souvent, les rues des villes et des villages suivant l’accotement des routes.

Les gares intermédiaires comprennent fréquemment une voie directe, une voie de manœuvre et de croisement, possèdent une plaque tournante et sont équipées d’un point d’eau. 

Les bâtiments sont constitués d’un abri voyageur ouvert sur l’extérieur et d’un bureau pour la receveuse qui est isolée par une porte, du reste de la gare.

A St Denis, il existe encore la remise pour la locomotive construite à la même époque que la ligne de Tramways. La poutre de charpente était façonnée pour laisser le passage de la cheminée de la machine ; sur le toit une double charpente, plus petite et surélevée, permettait la ventilation du local. 

Ces détails ont disparus lors de la remise en état du lieu, mais sont visibles sur les cartes postales du XIXème siècle.

A proximité fut construite une maison à étage, avec une grange-remise pouvant servir d’étable. La construction fut réalisée par les époux Bourgault qui occupèrent la maison d’habitation jusqu’en 1924 (décès de Mme Bourgault).

Sources : M. Claude Wagner (Les Tramways de la Sarthe du XIXe au XXe siècle), 
Archives historiques de la SNCF.

Principales dates du tramway en France

Quelques dates :
- 1775, créé par John Outram (traction animale). 
- 1809, premier tramway pour voyageurs, à traction animale, Gloucester/Cheltenham (G.-B.). 
- 1832, l’ingénieur français Louba crée tramway New York/Harlem. 
- 1853 : ouverture de la ligne Concorde/Versailles. 
- 9 août 1873 : Mac-Mahon déclare d'utilité publique « l'établissement d'un réseau de voies ferrées desservies par des chevaux dans Paris et sa banlieue ». 
- 14 août 1876 : première ligne de tramways à vapeur (système Harding) gare Montparnasse/gare d'Orléans. 
- 1881 Berlin : premier tramway électrique (Werner von Siemens).

Premier tramway électrique au monde, à Lichterfelde, près de Berlin, construit par Siemens© Siemens AG, Transportation Systems

- 1888 : l’ingénieur suisse Thory ouvre ligne Vevey-Montreux (électrique) et le 1890-7-1 Clermont-Ferrand, ligne Montferrand/place de Jaude (électrique). 
- 1936, Paris : restent 28 lignes, 210 km ; autobus : 202 lignes (1 672 km). 
- 15 mars 1937 : dernière ligne de tramway parisienne intra-muros (123-124) supprimée. 
- 14 août 1938 : dernière ligne de banlieue (112) supprimée. 
- Après 1945 : nombreuses suppressions, les réseaux, peu modernisés avant 1939, sont à bout de souffle (matériel roulant ancien, voies et installations ont souffert du manque d'entretien). 
- 1966 : suppression à Valenciennes, seules 4 agglomérations conservent un réseau ou 1 ligne : Marseille : ligne 68 (Noailles-St-Pierre avec souterrain de 1 km pour accéder centre-ville) ; Lille/Roubaix/Tourcoing ; St-Étienne : ligne nord-sud « Bellevue-Terrasse » ; Laon. 
- 1974 : Marcel Cavaillé, secrétaire d'État aux Transports, lance un concours pour un mode de transport en site propre ; Alsthom proposera Citadis (tramway articulé à plancher bas partiel). 
- 7 janvier 1985 : Nantes, Alsthom propose le premier tramway articulé standard. 
- 1987, premier tramway articulé avec plancher surbaissé sur 70 % de la largeur du véhicule (type Grenoble). 
- 1994, Eurotram : premier tramway entièrement surbaissé. 


Joseph Guittet et les Tramways de la Sarthe

M. et Mme Joseph Guittet

Joseph Guittet est né aux Rivières à Saint-Ouen en Champagne, dans la Sarthe, le 17 janvier 1863.

Il effectue ses études au Mans à l’école des Frères, rue de Lorraine. Les mathématiques, le dessin, l’architecture l’attirent, aussi suit il les cours pour la préparation au diplôme d’ingénieur des Travaux publics de l’Etat.

Après son service militaire, il entre aux Ponts et Chaussées de la Sarthe vers les années 1887.

Il est immédiatement intéressé par les projets et les constructions en cours sur le réseau des tramways de la Sarthe. Il participe à l’élaboration des plans de la gare centrale du Mans et du renommé Pont en X, construit en 1997-1998, sous la direction de l’ingénieur-architecte Monsieur Harel-de-la-Noé

Il épouse en 1888, à Brûlon, Mademoiselle Angèle Morillon, dont il aura quatre filles : Germaine (1889), Suzanne (1891), Simone (1894), et Odile (1907).

A trente-quatre ans, en 1897, le groupe industriel Carel et Fouché, concessionnaire des Tramways de la Sarthe et du réseau T.I.V. lui propose le poste de Directeur.

Monsieur Guittet accepte et part pour Rennes où il résidera avec sa famille, rue de Bastard, jusqu’en 1922.

Il organise alors l’exploitation du réseau, alors que Monsieur Vittu, ingénieur, est chargé par Monsieur Carel de la construction des nouvelles lignes et des nouvelles gares de Rennes, qui seront inaugurées en 1910 et 1911.

En 1914, âgé de cinquante et un ans, Monsieur Guittet est mobilisé à la gare de Chartres, en conservant la direction du réseau d’Ille et Vilaine.

En 1922, Monsieur Guittet quitte Rennes pour revenir dans la Sarthe comme Directeur du chemin de fer de Mamers à Saint-Calais, exploitation reprise par le département en 1923.

M. et Mme Joseph Guittet à Paramé, en compagnie de leur petit-fils Pierre Yves Bourneuf.

Il fait valoir ses droits à la retraite en 1925, tout en ayant des attaches avec les chemins de fer secondaires, puisqu’il sera administrateur des tramways de l’Orne dépendant du groupe Carel et Fouché. Ce réseau fut affermé vers 1935 au groupe Verney S.C.F.

Monsieur Guittet est décédé au Mans le 25 janvier 1941 à l’age de soixante-dix-huit ans.

Il faut ajouter que Monsieur Joseph Guittet était passionné par la photographie et qu’il est auteur de nombreux clichés pris sur le réseau de la Sarthe ainsi que le réseau d’Ille-et-Vilaine.

Louis-Auguste-Marie Harel de la Noë, un ingénieur à découvrir


Louis-Auguste-Marie Harel de la Noë est né le 29 janvier 1852 à Saint Brieuc dans une famille appartenant à la bourgeoisie (son père était notaire). Il fait ses premières études à l’école communale, puis au lycée impérial (devenu collège Le Braz).

Il épousa, le 15 septembre 1885, Louise Riou de Kerprigent (1864-1940) dont il aura deux enfants : Georges (1879-1915) et Marguerite (1886-1938).

Après de brillantes études au lycée impérial de sa ville natale, il est lauréat en 1868 du prix « Le Grand » destiné aux élèves ayant fait preuve d’excellence dans plusieurs disciplines.

La même année, il entre au lycée Saint-Louis pour préparer le concours d’entrée à l’Ecole polytechnique.

Deux ans plus tard, à l’âge de 18 ans, Louis Harel de la Noë fait son entrée dans la prestigieuse institution où figurent déjà Fulgence Bienvenue, futur ingénieur en chef du métro parisien, et Ferdinand Foch, futur maréchal de France. La guerre de 1870 interrompt sa scolarité.

La parenthèse de la Commune refermée, Louis Harel de la Noë revient à Paris pour achever sa scolarité dont il sort 15e de sa promotion.

En 1872, il intègre l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.

Il quittera cette institution, trois ans plus tard, avec une nomination comme ingénieur ordinaire dans l’Aveyron.

Louis Harel de la Noë sera affecté une première fois dans la Sarthe le 1er mai 1884, afin de terminer les travaux de la ligne de chemin de fer : Le Mans - La Chartre-sur-Loir, commencés en 1881. Après une affectation dans le Finistère de 1891 à 1893, il revient dans le département de la Sarthe au poste de chef de service départemental des Ponts-et-Chaussées.

Il améliore la navigabilité de la Sarthe et du Loir, mais surtout le parachèvement du réseau des tramways départementaux par l’établissement de 127 kilomètres de lignes nouvelles qui viennent d’être déclarées d’utilité publique.

Le couronnement de son œuvre est la construction de la gare centrale du Mans et du pont en « X » en 1898.

Il prend sa retraite le 1ier, février 1918 après quarante-deux années passées au service des collectivités locales. Il décède à Landerneau le 28 octobre 1931 à l'âge de soixante dix-neuf ans.



Les ouvrages d’art

En premier, réalisation d’une passerelle piétonne dite « du bon Pasteur » ou « Pont d’Enfer », surnommée « Pont du dos de Chameau », en raison de sa courbure. Construite en 1885, elle fut détruite en 1944 par les allemands.

Vient ensuite le viaduc de la Tuilerie sur la Vègre à Loué, mis en service le 6 septembre 1888. Cet ouvrage de 58 mètres de longueur et 10 mètres de hauteur, évoque le viaduc de Garabit de Gustave Eiffel de la même époque.

Le Pont en X au Mans


A son retour en Sarthe, Harel de la Noë réalise le viaduc de Déhault à lors de la construction de la ligne de la Détourbe à la Ferté-Bernard (ouverte le 15 juin 1898). Il conçoit à la même époque deux ouvrages métalliques routiers : le pont de la Raterie sur la Sarthe et le pont de Fillé qui existe encore de nos jours.

Lors de la conception de la ligne allant du Mans à Saint Denis d’Orques, il prend l’option de faire se recouper, à niveau, deux lignes au-dessus de la Sarthe, d’où le nom de «pont en X» (dynamité le 8 août 1944 par les allemands).

Journal La Gazette des Tramways du 9 octobre 1898 annonçant l’inauguration du Pont en X du Mans.

Les gares

La plupart des gares construites par Harel de la Noë l’ont été pour des réseaux de chemins de fer départementaux, d’où la modestie de ces constructions qu’il a toutefois marqué de sa « patte ».

Deux réalisations importantes réalisées dans le département de la Sarthe, la gare du Mans Central et la gare de la Ferté-Bernard, ont un caractère plus « monumental ».

Les bâtiments des Stations de tramways de la Sarthe offrent une bonne illustration du souci de l’auteur de concilier les préoccupations esthtétiques avec des soucis d’économie et d’ergonomie.

En témoigne un premier type en maçonnerie et toiture en ardoises avec chaînages d’angle et faîtage orné d’un motif décoratif. Le second type, plus austère, mais de construction plus audacieuse, est réalisé en sidéro-ciment avec remplissage de briques. Pour le troisième, Harel de la Noë revient à la construction en briques jaunes, avec motifs géométriques en briques rouges et couverture en tuiles.

Gare centrale des Tramways de la Sarthe au Mans

Le souvenir de cette architecte mérite d’être rappelé à la mémoire des Sarthois, ne serait-ce par l’engagement de ce grand ingénieur à l’égard de ses semblables, matérialisé par son souci de la perfection jusque dans le détail, comme s’il avait voulu démontrer que progrès et beauté vont de pair et doivent profiter à tous les hommes.

Louis Harel de la Noë laisse une œuvre abondante, diverse et originale, qui témoigne de ses qualités de bâtisseur. Son esprit créatif associé à une culture scientifique exceptionnelle l'amène à concevoir des ouvrages audacieux et à expérimenter des solutions techniques nouvelles. Pionnier de l'utilisation du béton armé, il en développe de remarquables applications. Il se montre soucieux de l'économie des projets, tout en veillant à la solidité des ouvrages qu'il conçoit et à leur qualité architecturale.

Forte personnalité, il bénéficie de son vivant d'une notoriété justifiée, notamment pour les programmes de chemin fer qu'il mène à bien. Il est le créateur du chemin de fer départemental dont on va fêter le centenaire en 1905. Il a doté les Côtes-du-Nord d'ouvrages d'art au style inimitable. Nombre de ces ouvrages sont conservés. Ils constituent un patrimoine de première importance.

Les treize viaducs du modèle de Grognet

Dans son rapport du 4 octobre 1901, Harel de la Noë indique « le procédé le plus économique pour établir sous une voie un ouvrage de hauteur modérée, consiste évidemment à employer les matériaux les moins coûteux en quantité aussi faibles que possible ».



Il conçoit treize viaducs d’un modèle simple :
- des piles, à section horizontale en forme de I, c’est à dire des piles de 3 m x 1,50 m, mais évidées, elles sont chaînées par des tranches de béton armé, coffrées par des briques,
- « deux arceaux séparés pour obtenir rapidité et économie dans la pose des cintres ».

Les treize projets sont étudiés en 1913, le premier daté du 9 janvier concerne le viaduc de Grognet.
Plus d’un siècle après, ces viaducs sont toujours très solides.
« Je construis [le réseau des tramways] pour les 50 ans à venir. Au-delà, l’évolution de l’automobile modifiera les besoins. »
Harel de la Noë, 1902.

… Propos on ne peut plus visionnaires : le réseau des TS, mise en service en 1897, verra sa dernière exploitation en 1947, soit exactement au bout de cinquante ans, remplacé par les transports routiers.

Source : Wikipédia

Les transports d’autrefois

Le train

Quand il fut officiellement décidé de construire une ligne de chemin de fer entre Paris et Brest, deux villes se disputèrent le passage de la voie : Alençon et Le Mans. Ces deux cités avaient déjà compris l’intérêt pour elles de voir ce nouveau mode de locomotion faire étape dans leurs murs. Le Mans l’emporte et la gare est inaugurée le 28 mai 1854. Elle est construite à l’écart du centre-ville, et on doit ouvrir une liaison entre celle-ci et la place des Halles, devenue aujourd’hui place de la République. La réalisation est inaugurée en partie par le Maréchal de Mac-Mahon, en 1874. C’est l’avenue Thiers, puis le boulevard René Levasseur.

La gare est inaugurée le 28 mai 1854.

Le tramway départemental

On crut un moment, en cette fin du XIXe siècle, que le rail dominerait la route. Le réseau des grandes lignes laissant à l’écart les petites bourgades, le conseil général du département de la Sarthe décide d’ouvrir un réseau de tramway à vapeur à voie étroite, circulant en grande partie le long des routes existantes, afin d’en limiter au maximum le coût d’exploitation. Sous l’impulsion de Joseph Caillaux, alors Ministre des Finances et Président du conseil général de la Sarthe, le 6 mars 1880, une loi déclare d’utilité publique les deux premières lignes, puis en 1895, tout le réseau de la Compagnie des Tramways de la Sarthe.

Le conseil général décide de la création d’un réseau de tramway à vapeur à voie étroite.

Le premier réseau, construit de 1882 à 1888, se compose de trois lignes :
- Antoigné-Ballon (6,8 km),
- Le Mans – La Chartre (48,3 km),
- Le Mans – Saint-Denis d’Orques (45,7 km).

Ce premier réseau est construit dans l’intérêt général, sans tenir compte de considérations électorales ; il sera également le plus rentable et restera en service jusqu’à la fin. Le second réseau sera construit avec beaucoup moins de cohérence : de nombreux élus demandent que le tramway passe dans leurs communes. 
Il comprend trois lignes, ouvertes entre 1895 et 1898 :
- Le Mans – Saint-Cosme-de-Vair et Mamers – La Ferté-Bernard (72,4 km)
- Le Mans – Mayet (48,7 km), véritable tortillard, où on compte six stations en 25 km, sans tenir compte des arrêts facultatifs !

Le tramway à vapeur circule en grande partie le long des routes existantes.

Malgré la menace de plus en plus pressante de l’automobile, le Conseil Général décide, en 1908, de construire un troisième réseau, cédant ainsi et pour la seconde fois aux pressions des élus. Huit lignes composent cette nouvelle tranche, pour une longueur totale de 270 km, dont 68 ne seront jamais achevés : Le Mans – Château-du-Loir, Le Grand-Lucé – Saint-Calais, Foulletourte – La Flèche, Le Mans – Alençon, Fresnay-sur-Sarthe – Sougé-le-Ganelon, La Ferté-Bernard – Montmirail, Antoigné – Saint-Jean-d’Assé et Mamers – Alençon.

La Grande Guerre empêchera un quatrième réseau de voir le jour. 

Chaque commune fait des efforts pour permettre à ses habitants de se rendre à la gare la plus proche. Ainsi, en 1912, le conseil municipal d’Évaillé délibère sur la nécessité d’établir un pont sur le Tusson : « … Considérant qu’entre la gare d’Évaillé et le chemin de grande communication n°2, le chemin actuel servira non seulement aux habitants d’Évaillé, mais aussi à ceux de Cogners et d’Ecorpain qui viendront prendre le train ou apporter des marchandises dans la direction de Saint-Calais ou du Grand-Lucé. … »

La gare primitive du Mans, au Gué-de-Maulny, devient très vite trop petite, et il faut envisager son transfert. Les autorités choisissent un terrain en bordure de Sarthe, récemment libéré par la démolition de l’hôpital. Harel de la Noé est chargé d’établir les plans de cette nouvelle gare aux dimensions imposantes. Les travaux de construction commencent au début de l’année 1895 et terminent fin 1898. On voit s’élever le bâtiment des voyageurs, la remise des locomotives, le siège social et les bureaux, le grand hall métallique, le château d’eau et le mur de clôture. 

L’inauguration a lieu les 8 et 9 octobre 1898, en présence du Ministre de l’Agriculture et de M. Cavaignac, Président du conseil général de la Sarthe et ancien Ministre de la Guerre depuis un mois. De par le style qu’il donne à cette construction et à celle de La Ferté-Bernard, l’architecte Harel de La Noë est surnommé « Le Père Nougat ». La gare des tramways sera démolie en 1955.

Les travaux de construction s’échelonnent de 1895 à 1898.

Il faut construire des ouvrages d’art pour le franchissement de quelques difficultés naturelles ; on peut citer le pont de Loué et de Dehault (pont métalliques), le viaduc de Saint-Georges-le-Gaultier (en béton armé) qui ne sera jamais mis en service, et le fameux pont en X, au Mans, qui permet le croisement au-dessus de la Sarthe des voies de tramways de la Sarthe et de celles des tramways électriques du Mans.

Il faut construire des ouvrages d’art.

On a à déplorer quelques accidents, en particulier la catastrophe de Dehault en 1910, et à Villaines-sou-Lucé. L’exploitation de ces tramways cessera définitivement le 1er mars 1947. La route aura gagné la bataille.

Exploitation du réseau des lignes de chemin de fer à voie métrique du département de la Sarthe

Schéma du réseau

Les conventions initiales de concession prévoyaient une desserte de chaque ligne par trois aller-retour journaliers.

C'était toujours la trame de la desserte en mai 1914, si ce n'est sur les lignes du Mans à Mamers et Le Mans - La Chartre, desservie par quatre aller-retour, et l'embranchement de Montbazot à Ballon, qui n'avait que deux aller-retour journaliers.

Horaires des Tramways de la Sarthe, en mai 1914

Les compagnies exploitantes :

- 1880, la Compagnie des Tramways de la Sarthe, est intégrée ensuite au groupe Carel et Fouché,
- 1895, l'ensemble du réseau est sous le statut des Chemins de fer d'Intérêt Local de 1880, mais conserve l'appellation Tramways de la Sarthe,
- 1932, le 2 août, les Tramways de la Sarthe reprennent l'exploitation de la ligne à voie normale du Chemin de fer Mamers-Saint Calais, jusqu'au 1er mars 1947. 


Locomotives à vapeur utilisées,

pour le premier réseau :
- 1881 : 020T Corpet-Louvet, 1 à 4 (341-44), 6 tonnes à vide, distribution système Brown
- 1882 : 030T La Metallurgique, Tubize, 12 (533), 11 tonnes à vide,
- 1883 : 030T La Metallurgique, Tubize, 13 (537), 11 tonnes à vide,
- 1884 : 030T La Metallurgique, Tubize, 14 (540), 11 tonnes à vide,
- 1887 : 030T ANF Blanc-Misseron, 15 (626-1), 16 (681-19), 11 tonnes à vide5
- 1888 : 030T ANF Blanc-Misseron, 17 (682-20), 18-19 (689-90), 11 tonnes à vide,

pour le deuxième réseau :
- 1896 : 030T ANF Blanc-Misseron, 50-54, (1049-54),12,8 tonnes à vide,
- 1897 : 030T ANF Blanc-Misseron, 55-58, (1055-57),12,8 tonnes à vide,
- 1898 : 030T ANF Blanc-Misseron, 59-61, (1058-60),12,8 tonnes à vide5,
- 1898 : 030T ANF Blanc-Misseron, 62, (1061) , 13,2 tonnes à vide,

pour le troisième réseau :
- 1910 : 030T ANF Blanc-Misseron, 101-104, (1636-39),13 tonnes à vide,
- 1913 : 030T ANF Blanc-Misseron, 105-106, (1737-38),13 tonnes à vide,
- 1912 : 030T ANF Blanc-Misseron, 107-116, (1642-52),13 tonnes à vide,
- 1913 : 030T ANF Blanc-Misseron, 117-119, (1653-55),13 tonnes à vide.

Les autorails

- N° 201-202, De Dion-Bouton livrés neuf, type JM2 1924
- N° 203, Saurer livré neuf
- N° 204-206, De Dion-Bouton, ex Tramways de l'Ain, type JM4 1932
- N° 207, SCF.Verney, ex Tarn, type SCF 51,1934,transféré en 1945-1946 au PO-Corrèze,
- N° 207, De Dion-Bouton, ex Chemins de fer des Côtes-du-Nord no 9, type JM4 1932
- N° 208-212, De Dion-Bouton, ex Tramways d'Ille et Vilaine, type JM2 1924.

Vue de l’autorail B201 ou B202, en gare de Théligny.

Les premières lignes à peine achevées, certaines ferment.

En 1932 c'est le tour des extrémités de lignes et en 1939, l'exploitation se limite à seulement 132 km . La guerre réactive les sections encore utilisables. La fermeture définitive a lieu le 1er mars 1947.

Seul subsiste alors, la ligne à voie normale du Chemin de fer Mamers-Saint Calais, reprise en régie départementale, mais le trafic voyageur s'arrêtera en 1965 et celui des marchandises en 1977. La section Connerré - Tuffé de cette ligne, est utilisée pour une exploitation touristique par la Transvap.

Le matériel roulant préservé :

Locomotives à vapeur :
- 030T ANF Blanc-Misseron de 1882 no 16 « St Denis d'Orques », particulier confiée au MTVS en attente de rénovation.
- 030T ANF Blanc-Misseron de 1898 no 51 « Foulletourte », propriété du département de la Sarthe
- 030T ANF Blanc-Misseron de 1898 no 60 « La Ferté-Bernard », MTVS, en service depuis 1990, classée Monument Historique.

Voitures :
- 2 voitures de 2e classe, à deux essieux Carel et Fouché, 1896, B36 et B56, propriété de deux particuliers et confiées au MTVS, en services depuis 1986.
- 3 voitures de 2e classe, à bogies, propriété de la FACS et confiées au Train du Bas-Berry.

Machine n°16 « Saint-Denis d’Orques » au Musée

Source : wikipedia.org

Infrastructure du réseau des lignes de chemin de fer à voie métrique du département de la Sarthe

Les lignes étaient construites « voie unique » implantée le plus souvent sur l'accotement des routes. Il existait des sections en site propre pour s'affranchir du relief. Certaines de ces sections comprenaient des ouvrages d'art.

Des évitements réalisés dans les stations permettaient les éventuels croisements, peu fréquents compte tenu des faibles fréquences des convois.

Vue du viaduc de Pontlieue au Mans, sous lequel passait l'avenue du même nom.

Afin d'éviter toute difficulté d'exploitation, les voie des Tramways de la Sarthe et celles des tramways urbains ne se croisaient pas (à l'exception du Pont en X) et les voies empruntant les mêmes voies étaient établies l'une à côté de l'autre, comme c'est le cas ici, où la voie passe dans la contre-allée à gauche, alors que le tramway est sur sa voie, dans l'axe de l'avenue.

La voie était à l'écartement métrique construite en rail vignole de 15 kg. Dans les chaussées certaines sections dans la chaussée possédaient un contre rail.

Gare du Mans-Gué-de-Maulny : la première gare des Tramways de la Sarthe au Mans fut installée à l'intersection du boulevard du Grelfier et de la rue du Gué-de-Maulny, sur un terrain d'environ 4 000 m², situé en position centrale et près de la gare du Mans et desservi par des voies larges pouvant accueillir les voies des Tramways de la Sarthe.

Elle fut remplacée dès 1888 par la gare du Mans-les-Halles, mais conservée à la fois comme station et comme atelier des Tramways de la Sarthe.

Gare du Mans-les-Halles : l’hôpital général de la Sarthe était implanté depuis le XVIIe siècle derrière la Visitation, lorsqu’il est brusquement déplacé en 1888 vers l’avenue Rubillard. L’architecte Poivet travaille sur les nouveaux locaux sanitaires et ces derniers sont inaugurés en 1891. La place libérée par l’ancien hôpital est idéale pour installer la nouvelle gare.

Façade monumentale de la gare du Mans- Les Halles

La gare centrale des Tramways de la Sarthe y est installée en 1888. Après l’extension des lignes du Tramways de la Sarthe, le conseil général souhaite créer un grand dépôt sur les bords de Sarthe. Un emplacement entre le pont Gambetta et le pont de fer est choisi.

En fait, il ne fait que remplacer la gare provisoire qui était installée depuis 1882 à l’angle de la rue Paul Ligneul et du Boulevard de la gare. Un encorbellement soutenu par des pilastres sont mis en place et on agrandit les quais. Le but est de transformer l’espace en véritable gare centrale de la ville, mais aussi du département. Cependant certains quais seront vite dévoués aux marchandises. L’auteur du bâtiment est l’ingénieur Louis Auguste Harel de La Noë, qui fut également le responsable de nombreux ouvrages d'art sur les Chemins de fer des Côtes-du-Nord.

La gare du Mans-Les Halles, depuis la Sarthe

Le bâtiment est composé d’un dôme central, sorte de lieu de rassemblement de tous les voyageurs. Les bureaux sont situés en marge des voies sur le côté « terre » et non le côté Sarthe. Le hall central est grand de2 200 m² et juste derrière se trouvent deux grandes remises pour les voitures et les locomotives. Le bâtiment est loin de faire l’unanimité. Construit avec du cailloux mosaïqué de silex, ils font de l'architecte De la Noë le « père nougat » des Tramways de la Sarthe au Mans.

Les bâtiments de la gare seront détruits après la fermeture du réseau en 1947. C’est alors que seront construits les bâtiments de Courboulay et de Le Couteur inspirés pas Le Corbusier.

Il existait de nombreux ouvrages d'art, tous construits par Harel de la Noé.

Le Pont en X au Mans

Source : wikipédia

L’histoire du réseau des lignes de chemin de fer à voie métrique du département de la Sarthe

Les Tramways de la Sarthe sont un ensemble de lignes de chemin de fer secondaire à voie métrique appartenant au département de la Sarthe et concédé à une société privée, la Compagnie des tramways de la Sarthe. Son centre se situait à la gare monumentale du Mans-les-Halles, distincte de celle qui deviendra celle de la SNCF.

Locomotive bicabine N°60 MTVS

Les trams circulaient sur la route, mais aussi très souvent en site propre et Le réseau comportait de nombreux ouvrages d'arts, dus à l'ingénieur Louis Auguste Harel de La Noë.
Une gare monumentale, située sur les bords de la Sarthe avait été réalisée au Mans.

La traction des trains, était assurée par des locomotives à vapeur, assistées après 1924, par des autorails. Le réseau ouvert en 1880, disparaitra le samedi 1er mars 1947.

Le premier réseau

Viaduc sur la Vègre à Loué (Ligne Le Mans – Saint-Denis d’Orques) 

Par décret du 6 mars 1880, Monsieur Falies, ingénieur civil, obtient la concession de deux lignes :
- Ballon - Les Forges-d'Antoigné à Sainte Jamme sur Sarthe par Montbizot,
- Le Mans - Le Grand-Lucé.

Ces lignes ouvrent en 1882, elles sont construites à voie métrique et implantées le long des routes. Il faut ajouter les sections suivantes :
- Le Grand-Lucé - La Chartre-sur-le-Loir en 1884,
- Ballon - Saint-Jean-d'Assé (en 1886),
- Le Mans - Saint-Denis-d'Orques (en 1888).

Le second réseau

La gare de Saint-Rémy-des-Monts, sur la ligne Le Mans - Mamers

En 1893, débute la construction du deuxième réseau, long de 257 km.
- Le Mans – Mamers,
- La Détourbe (Rouperroux-le-Coquet) - La Ferté-Bernard,
- Le Mans – Mayet.

Le troisième réseau

La station de Théligny, sur la ligne de La Ferté-Bernard à Montmirail

En 1908, est établi un troisième réseau, dont certaines lignes seront inachevées, suite au conflit de 1914-1918.
- Le Grand-Lucé - Saint-Calais
- Changé - Château-du-Loir
- Le Mans - Ségrie
- Fresnay-sur-Sarthe – Alençon

Saint-Jean-sur-Èvre

La Compagnie des Tramways de la Sarthe développera un réseau, qui atteint une longueur totale de 416 km en 1922.

Source : wikipedia.org